La plainte (initiale) au Conseil de l’Ordre judicieusement(!) classée en degré d’appel !
Une plaine déposée en août 2004 auprès de l’Ordre des médecins de Belgique contre un médecin généraliste, le Dr Bernard Dupont, généraliste de Kraainem, faubourg de Bruxelles, a été judicieusement (!) classée. Le conseil d’appel a jugé l’appel de l’assesseur juridique non recevable suite à un arrêt de la Cour de Cassation de Belgique.
Pour mieux comprendre, il faut indiquer les éléments de la chronologie de la procédure :
| 29 mai 2004 | Décès de Mélanie |
| 6 août 2004 | Dépôt de Plainte |
| 22 décembre 2005 | Arrêt de la Cour de Cassation de Belgique supprimant la possibilité d’appel des assesseurs juridiques des Conseils de l’Ordre des médecins. |
| 10 janvier 2006 | Prise de décision du Conseil de l’Ordre des médecins du Brabant francophone. Contenu non communiqué (et c’est légal en Belgique !) |
| ? | Appel interjeté par l’assesseur juridique. |
| 24 octobre 2006 | Le Conseil d’appel juge irrecevable l’appel de l’assesseur juridique (Arrêt de la Cour de Cassation). C’est donc la forme et non le fond qui a provoqué le rejet. |
| 1er décembre 2006 | La décision (dont le contenu est top secret) devient définitive. Le Cabinet du Dr Bernard Dupont n’a jamais fermé depuis ! |
La loi belge permet au Conseil de l’Ordre de ne pas rendre public les suites d’une plainte. En effet, tout un chacun peut porter plainte contre un médecin, mais seuls les membres de la Grande Maison des prestataires de services de santé, impliqués dans la procédure seront tenus au courant des suites de la procédure. Le Conseil de l’Ordre quant à lui vous dira qu’il ne peut pas communiquer les suites de la plainte en invoquant l’Arrêté royal 79, article 30. Quelle aubaine. La boîte de Pandore reste donc fermée.
Aucun des acteurs compétents en la matière ne jugera opportun de se pourvoir en Cassation !
“Ouf” a du s’écrier le Conseil de l’Ordre, “pas besoin de se prononcer sur la problématique des 20.000 erreurs médicales, dont 2.000 morts par an en Belgique”.
D’une part, le généraliste de Kraainem, Bernard Dupont a été reconnu coupable d’homicide involontaire à trois reprises devant les tribunaux bruxellois (en l'occurrence : Chambre du Conseil - 18 août 2006 / Tribunal correctionnel - 02 avril 2008 / Cour d'appel - 16 juin 2009), d’autre part devant le Conseil de l’Ordre aucune sanction est retenue si ce n’est peut-être une petite remontrance.
Le Ministère de la santé devait être au courant. La loi belge oblige le Conseil de l’Ordre de communiquer les décisions disciplinaires prises à l’encontre de ses membres à l’autorité de tutelle.
Le médecin généraliste de Kraainem, étant également maître de stage chargé de ‘former’ en son cabinet des jeunes médecins en spécialisation de médecine générale, a même réussi à obtenir, par deux fois durant cette procédure tant pénale que disciplinaire, la prolongation de son agrément.
La loi belge prévoit qu’un maître de stage ayant fait l’objet d’une sanction disciplinaire ou pénale peut se voir retirer son agrément par le Ministre de la Santé.
Alors, on est en droit de se demander quelle était la teneur de la décision (sanction ?), a-t-on informé le Ministère ? le Ministère a-t-il transmis l’information à la Commission supérieure des médecins spécialistes et généralistes en charge de rendre un avis sur les agréments ?
Il y a eu, au bas mot, dysfonctionnement.
Il y a surtout cette fâcheuse tendance à cultiver le secret digne de temps moyenâgeux.
Il y a surtout la question de savoir ce qui a motivé l’appel de l’assesseur juridique. Peut-être était-ce le conflit d’intérêts entre le président de la commission d’enquête ‘Mélanie’ Cailliau’ du Conseil de l’Ordre, le Dr Pierre Vrins et le mis en cause. Ils sont tous deux ‘enseignants’ au Centre Académique de Médecine Générale, dépendant de l’Université Catholique de Louvain, avec à sa tête le Pr Dominique Pestiaux, lui-même membre de la Commission supérieure des médecins spécialistes et généralistes en charge de rendre un avis sur les agréments !
La plainte (initiale) de mai 2004 a été motivée par l’absence de mise en œuvre de moyens.
Une deuxième plainte vient d’être déposée contre le Dr Bernard Dupont pour des faits à sa charge confirmés par la Cour d’appel de Bruxelles, soit :
1 Consultations téléphoniques, et avis médical, avec une patiente qu’il n’a jamais vue.
2 Non information du patient quant au diagnostic.
3 Abstention volontaire d’explication quant à la nature des médicaments prescrits.
A suivre …
Voyez également le site Mélanie Cailliau




